Contexte

Pratiques d'élevage

Pratiques d'élevage

Un éleveur est quelqu'un dont l’activité principale est de mener les troupeaux là où l’on trouve des pâturages pour les animaux. Dans la région du Sahara, de nombreux éleveurs sont nomades ou semi-nomades. Les éleveurs semi-nomades emmènent paître leurs animaux pendant la journée et reviennent à leurs habitations le soir. Ils n’ont pas besoin de marcher trop longtemps pour emmener leurs animaux jusqu’aux pâtures et jusqu’à l’eau car ils vivent dans des régions où les pluies sont éparses mais régulières. Les éleveurs nomades quant à eux, sont sur la route une bonne partie de l’année pour suivre la nourriture et l’eau car la disponibilité de ces derniers dépend des saisons et du changement du climat. En général, les éleveurs nomades doivent parcourir des kilomètres avant de trouver de l’eau. Certains d'entre eux sont sédentaires car ils vivent dans des régions où les pâtures sont assez abondantes pour nourrir leurs animaux, ils n’ont donc pas besoin d’aller chercher ailleurs.

Accès à l’eau

L’accès à l’eau pose un réel problème pour les éleveurs. La plupart d’entre eux se servent de puits généralement gratuits mais pas faciles d’accès. Pendant la saison des pluies, l’eau est abondante et les éleveurs n’ont pas besoin d’aller loin pour trouver des rivières. Cependant, entre décembre et juin, les puits sont à sec. Soit les éleveurs se lèvent tôt pour arriver au puits en premier, soit ils marchent des kilomètres pour trouver de l’eau et abreuver leurs animaux. Dans certaines régions, l’eau est accessible grâce aux services publics (Sénégalaise des eaux). Les éleveurs peuvent acheter de l’eau pour la donner aux animaux. Le prix de l’eau dépend alors de la taille du bassin choisi.

Les principales régions d’élevage du bétail sont dépourvues de point d’eau permanent (sauf près du delta du Niger et des rivières). Les eaux de surface s’assèchent rapidement une fois que la saison sèche commence. Chercher de l’eau devient alors problématique pendant la saison sèche, pour les troupeaux comme pour leurs propriétaires. La dispersion des points d’eau existants (marres, puits et puits de surface permanents) et la distance à laquelle ils se situent par rapport aux pâtures exploitables pendant la saison sèche, impliquent de longues marches qui épuisent les animaux. Les ressources disponibles suffisent seulement à combler les besoins basiques. La productivité du troupeau chute pendant cette période. Les maladies et le manque de ressources sont les facteurs qui limitent le plus les systèmes de production du bétail.

Accès à la nourriture

Élevage nomade: L’élevage nomade se caractérise par les déplacements fréquents des éleveurs et de leur troupeau en fonction de la disponibilité des ressources. Ces derniers n’ont pas de camps établis. Les régions d’élevage nomade peuvent être isolées ou confluentes et les groupes familiaux se retrouvent plus ou moins séparés. La production suit un cycle saisonnier. Ce type de système, connu sous le nom de système pastoral, se retrouve dans les zones subdésertiques au nord su Sénégal (Adrar, Azaouad, Azaouak et Tilemsi), dans les régions au nord du Sahel chez les Gourma et les Hodh, ainsi qu’au Mali. Parmi les espèces que l’on élève dans ces régions, on retrouve des zébus (les Maures et les Touaregs) pour ce qui concerne les bovins, des moutons et des chèvres du Sahara pour ce qui concerne les petits ruminants, ainsi que des chameaux. On produit ainsi du lait, de la viande et de la laine. La production de lait de bovins, de chèvres et de chamelles est insuffisante et est consommée directement ou en fromages. La viande provient des chèvres et des moutons. Les moutons à poil long produisent de la laine. Ces produits ne constituent aucun surplus vendable.

Système agro-pastoral: Il existe certains systèmes où la production des cultures cohabite avec l’élevage. Selon la prédominance de l’une ou l’autre partie, on peut distinguer les systèmes où l’élevage occupe une place centrale et les systèmes où les cultures sont les plus importantes.

Système de transhumance: Ce système est caractérisé par les allers et retours effectués entre les différents pâturages par les groupes pastoraux ou les communautés à la recherche de terres qui ne leur appartiennent pas. Ce système de déplacement, que l’on appelle transhumance, s’effectue selon des axes préétablis et selon les périodes en cours. La transhumance est une pratique spécifique au Sahel. Elle conduit les éleveurs du sud vers le nord lorsque la saison des pluies commence pour déplacer les troupeaux des zones agricoles ou des zones inondées (c’est le cas pour le delta du Niger). Ils repartent vers le sud lorsque les points d’eau s’assèchent et que les pâtures du nord s’épuisent. C’est pendant la saison sèche que les ressources pour les animaux sont les plus abondantes dans le sud (cours d’eau, pâtures nouvelles après que les inondations se retirent, herbe pérenne, cultures, sous-produits et résidus).

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