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Maïs

Le maïs (Zea mays L.) est une denrée de base très importante en Afrique subsaharienne. Il peut être utilisé comme aliments pour l’homme et les animaux et comme matière première industrielle. En Afrique subsaharienne, le maïs est produit par des petits cultivateurs en conditions pluviales et est destiné principalement à la consommation. Il est consommé frais en épi, cuit, bouilli ou grillé.

Les faibles rendements en Afrique subsaharienne peuvent être liés à différents facteurs:

  • La faible fertilité du sol est l’un des défis majeurs auxquels sont confrontés les petits agriculteurs. La hausse de la densité démographique a eu pour conséquence l’intensification de l’exploitation des terres et à conduit les agriculteurs à réduire ou à arrêter les périodes de mise en jachère qui avaient été bien respectées jusqu’alors. Par conséquent, les nutriments et la matière organique contenus dans le sol se sont appauvris, ce qui a entraîne un faible niveau de fertilité et de productivité des sols.
  • L’utilisation de semences de mauvaise qualité. À cause d’une mauvaise sélection des semences et d’une utilisation limitée des nouvelles variétés améliorées disponibles dans le commerce, les agriculteurs sont incapables de faire face à la demande de production.
  • Des pratiques culturales inappropriées comme un ensemencement tardif, une mauvaise gestion du chiendent, des insectes nuisibles et des maladies (foreur des tiges), ainsi que la striga sont d’importantes contraintes qui affectent les rendements de maïs. Des pertes élevées après la récolte sont principalement dues à un séchage et à des conditions de stockage inappropriés qui entraînent l’apparition de moisissure et des attaques de coléoptères pendant le stockage du maïs.
  • Un taux d’humidité insuffisant dans le sol est un problème récurrent pour de nombreux agriculteurs qui continuent à cultiver du maïs uniquement irrigué par l’eau de pluie. La nature irrégulière des pluies entraîne un manque d’humidité dans le sol et réduit les rendements de manière significative.

Sélection de variétés adaptées

Le choix de variétés de maïs appropriées pour une région donnée est important car il contribue de manière significative à l’amélioration des rendements. En outre, les agriculteurs doivent prendre en compte les différences entre les variétés modernes et les variétés traditionnelles. Une mauvaise sélection des variétés peut aboutir à une mauvaise récolte ou à la perte totale des récoltes. Il est donc important de bien choisir les variétés adaptées aux conditions locales de culture en tenant compte non seulement les conditions climatiques et la quantité de nutriments présents sur le site d’exploitation, mais également les habitudes culinaires et les régimes alimentaires des consommateurs.

Variétés traditionnelles: cultivars

Les petits exploitants agricoles de l’Afrique subsaharienne cultivent des variétés traditionnelles de maïs. Les semences sont récupérées à partir de la récolte précédente (recyclage). Ces variétés ont été développées selon les critères spécifiques des agriculteurs et, au fil des années, elles se sont adaptées aux conditions locales de culture (cultivars). En plus d’être bien adaptées aux conditions locales, ces variétés sont adaptées à une faible quantité de nutriments et aux habitudes culinaires des agriculteurs. Les semences peuvent aussi résister aux insectes nuisibles et aux maladies de la région. Les variétés traditionnelles sont disponibles au niveau local et les agriculteurs peuvent reproduire leurs propres graines pour ensemencer. Cependant, les rendements des variétés traditionnelles sont généralement plus faibles à cause des mauvaises méthodes de sélection des semences et d’une mauvaise gestion.

Variétés améliorées

En plus des variétés traditionnelles, on trouve, sur la plupart des marchés, plusieurs types de variétés améliorées de maïs à pollinisation libre ou hybrides. Elles diffèrent les unes des autres selon leur potentiel de rendement, leur période de croissance et leur adaptation aux conditions extérieures comme la sécheresse, les insectes nuisibles et les maladies. Les variétés hybrides ont un rendement plus élevé que les variétés à pollinisation libre, si elles poussent dans des conditions stables. Toutefois, les variétés hybrides coûtent plus cher car il faut acheter de nouvelles graines à chaque époque d’ensemencement. Quant aux variétés améliorées à pollinisation libre, elles génèrent souvent des rendements plus importants que les variétés traditionnelles et les agriculteurs peuvent produire leurs propres semences à partir de leurs récoltes précédentes, réduisant ainsi les coûts liés à l’achat de variétés améliorées commercialisées.

Recommandations sur la multiplication des semences de maïs à la ferme

Les agriculteurs peuvent produire et reproduire les semences de leur exploitation à partir des variétés de maïs à pollinisation libre. Les recommandations suivantes sont destinées à aider les agriculteurs à produire leurs semences:

  • Sélectionner une variété à pollinisation libre adaptée à la zone agro-écologique. Pour la trouver, se référer aux cultures existantes de maïs de l’exploitation, au voisinage, au Programme national maïs (PNm) ou à une entreprise de semences locale.
  • Choisir le meilleur terrain et le désherber. Maintenir une distance d’au moins 300 m entre le terrain et les autres cultures de maïs de différentes variétés. Les pollinisations croisées entre les différentes variétés seront ainsi évitées et les caractéristiques de la variété choisie seront alors préservées. Les agriculteurs peuvent également semer la variété qu’ils ont choisie un mois avant ou après que les autres champs de maïs environnants aient été semés.
  • Ensemencer les cultures de maïs tôt et soigneusement. Observer et gérer les plants de maïs lorsqu’ils commencent à pousser pour garantir une croissance et un développement sain.
  • Sélectionnez des plantes de maïs d’apparence saine, en particulier celles qui ne sont pas infectées par les maladies ou les insectes. Les plantes choisies doivent porter des épis de taille correcte avec des grains consistants. Marquer ces épis dans le champ et les laisser pousser jusqu’à maturité.
  • Récolter les épis lorsque les plantes commencent à sécher et s’assurer que les épis ne soient pas mélangés avec les épis d’autres variétés. Si les épis sèchent trop, ils seront prédisposés aux infestations de coléoptères dans le champ.
  • Faire sécher au soleil les épis dans leurs feuilles sur une surface propre et sèche.
  • Retirer les feuilles et égrener les épis de maïs secs en faisant attention à ne pas abîmer les grains et en prenant les meilleurs grains situés au milieu de l’épi. Après avoir égrené les grains, les faire sécher de nouveau. Un grain bien sec doit craquer sous la dent. Nettoyer le grain en enlevant toute saleté ou matière extérieure ainsi que les grains abîmés. Mettre les grains dans un grand sac et le stocker sur une palette dans un endroit propre, sec et bien aéré. Laisser au moins 50 cm entre le sac et le mur de la pièce.

Jachère améliorée

Traditionnellement, les agriculteurs restaurent la fertilité du sol après une période de mise en culture en laissant une partie de leur terre non cultivée pendant une période allant jusqu’à cinq ans, pendant qu’une nouvelle parcelle plus fertile est cultivée pour la production de nourriture. Cependant, la hausse de la densité démographique a considérablement réduit la surface des terres agricoles et à conduit les agriculteurs à réduire ou à arrêter complètement les périodes de mise en jachère. La mise en jachère naturelle de courte durée d’une terre surexploitée n’améliorera pas la fertilité du sol. Par conséquent, il est nécessaire d’améliorer les systèmes de mise en jachère.

L’expérience a montré que des mises en jachère améliorées pendant un à trois ans en rotation contribuaient de manière non négligeable à augmenter la fertilité du sol. Des arbres polyvalents peuvent être utilisés pour améliorer les mises en jachère. Par exemple, des jachères améliorées utilisant des sesbanias (sesbania sesban) se sont avérées efficaces pour ajouter une quantité significative d’azote et de matière organique dans le sol. On peut également utiliser des engrais verts et des cultures de couvertures. Le sol retrouve sa fertilité et la productivité des cultures de maïs suivantes augmente. Il est conseillé d’établir les mises en jachère améliorée en semant différentes espèces qui serviront de nutriments aux plantes et qui seront disponibles plus longtemps.

La gestion de mauvaises herbes

Une gestion des mauvaises herbes réussie dans la culture du maïs dépend de plusieurs mesures telles que:

  • Empêcher l’apparition et la propagation des graines de mauvaises herbes en utilisant des semences et des équipements propres.
  • Établir des jachères améliorées en utilisant une légumineuse dense qui recouvre bien le sol, comme le pois mascate et le lablab, ce qui empêchera la pousse et la prolifération des mauvaises herbes. Cette mesure peut être alternée avec l’application d’une culture de couverture entre les plants de maïs pour définitivement éradiquer les mauvaises herbes.
  • Désherber à la main pour enlever toutes les herbes. Les maïs est très affecté par les mauvaises herbes pendant les dix premières semaines de croissance.

Gestion de la striga

Deux espèces de striga sont présentes en Afrique subsaharienne : la striga hermonhica à l’ouest et en Afrique centrale, ainsi que la striga asiatica à l’est et au sud de l’Afrique.

La striga est une plante herbacée parasite qui pousse en se fixant sur les racines d’une plante hôte comme le maïs. La striga puise ses nutriments dans le maïs qui reste ainsi petit et affaibli. Ces attaques entraînent une baisse des rendements voire une perte totale des récoltes. Une fois que la striga s’est installée dans le sol, il devient difficile de s’en débarrasser, en partie à cause de sa capacité de reproduction très rapide. La striga produit également des milliers de graines qui peuvent survivre dans le sol pendant plusieurs saisons et se mettre à germer une fois qu’une culture céréalière est établie. Une gestion réussie de la striga, comme la gestion des mauvaises herbes, dépend de plusieurs mesures telles que:

  • Empêcher l’apparition et la propagation des graines de striga. Utiliser des semences et des équipements propres, ainsi que des variétés de maïs qui tolèrent ou qui résistent à la striga, lorsqu’elles sont disponibles ;
  • Les légumineuses cultivées en rotation ou en cultures intercalaires avec le maïs stimulent la germination de la striga mais inhibent la croissance des graines après la germination car l’herbe ne peut pas se développer sur une racine de légumineuse. Il est conseillé de semer des engrais vert et des cultures fourragères telles que le desmodium, la sesbania, la crotalaria ou les graminées fourragères comme l’herbe à éléphant, pendant au moins deux saisons, pour ensuite semer du maïs ou des céréales une fois toutes les deux ou trois saisons jusqu’à ce que la striga soit éliminée.
  • Établir des cultures intercalaires avec du desmodium ou d’autres légumineuses comme le pois mascate entre les rangées de maïs augmente la fertilité du sol et réduit considérablement la présence de striga.

Les agriculteurs peuvent également parcourir leur champ régulièrement et arracher toutes les pousses de striga. Cependant, cela doit être fait suffisamment tôt avant que la striga n’ai eu le temps de produire ses graines et avant que le maïs ne soit complètement infesté.

Réduction des pertes après la récolte

Récolter au bon moment

Le maïs est récolté à la main dans les petites exploitations agricole. Le maïs qui se déguste frais est près à être récolté lorsque les grains se durcissent ou lorsque la matière soyeuse au sommet de l’épi noircie. Lorsqu’elles sont à maturité les cultures contiennent environ 30% d’humidité. Quant au maïs qui doit être séché, il est laissé sur pied à moitié sec jusqu’à ce que les feuilles soient marrons. Cela représente un risque considérable car pendant ce temps les grains peuvent être mangés par les oiseaux. De nombreux petits exploitants attendent trop longtemps avant la récolte car ils manquent d’installations de séchage appropriées.

Retarder les récoltes peut entraîner la pourriture des épis, des attaques de rongeurs, d’oiseaux, et de charançons. Cela peut également entraîner la prolifération de champignons pathogènes comme les aflatoxines, surtout s’il pleut lorsque les cultures sont en train de sécher sur pied. Lors de la récolte, l’enveloppe est retirée de l’épi.

Séchage

Les épis doivent être séchés au soleil tout de suite après la récolte, avant l’égrenage. Si les grains ne sont pas séchés correctement, ils attireront les insectes nuisibles et le mildiou. Pour vérifier si le grain est assez sec, secouer une poignée de grains et une demi-poignée de sel dans une bouteille de soda sèche pendant 2 à 3 minutes. Si après que les grains se soient déposés le sel colle contre les parois, cela veut dire que les grains contiennent encore de l’humidité. Les grains doivent donc être mis à sécher de nouveau et doivent être testés régulièrement jusqu’à ce que le sel ne colle plus à la bouteille avant d’être stockés.

Le séchage ne doit pas s’effectuer sur un sol nu, on préférera plutôt une surface en ciment, une natte tressée ou une bâche pour installer des structures de séchage comme le crib ou des hangars de séchage spécifiques. On évitera ainsi que l’humidité, la saleté ou les insectes ne s’infiltrent dans les grains. En ce qui concerne le séchage en plein air, les grains doivent être à l’abri de la pluie, de la rosée, des animaux domestiques et des oiseaux.

Stockage

Les principaux ravageurs des grains stockés sont l’alucite des céréales (Sitotroga cerealella), le grand capucin du maïs (Prostephanus truncatus), le charançon des grains (Sitophilus spp.) et les rongeurs (principalement les souris). On peut s’en occuper en suivant différentes mesures:

  • Une récolte précoce du maïs pour empêcher ou réduire l’infestation des épis dans le champ.
  • Cultiver des variétés appropriées dont l’enveloppe recouvre tous les grains.
  • Le séchage des grains de maïs est une étape importante pour la prévention des insectes nuisibles lors du stockage. Pour que le maïs soit stocké en toute sécurité, il doit être séché tout de suite après la récolte.
  • Minimiser les risques de ré-infestation en détruisant les résidus infectés à la fin de la saison de stockage.
  • Inspecter tous les coins sombres, boucher toutes les petites entrées potentielles et vérifier tous les repères environnants où les rongeurs sont susceptibles de se cacher.
  • Inspecter régulièrement les stocks et retirer tous les épis et tous les grains contaminés.
  • Pour repousser et exterminer les charançons, utiliser des extraits de plantes comme de la pruine écrasée, des piments rouges séchés mélangés à de la cendre de bois avec du maïs séché prêt à être stocké.
  • Les prédateurs naturels comme le coléoptère Teretrius nigrensis ont beaucoup été utilisés dans les pays d’Afrique pour tenter de contrôler la prolifération du grand capucin du maïs.

Le maïs Bt est génétiquement conçu pour résister à la pyrale. Il a été créé en combinant les gènes de la bactérie bacillus thuringiensis, qui est naturellement présente dans le sol, avec une graine de maïs. Le maïs Bt produit une toxine qui tue la pyrale du riz (Maliarpha separatella - Ragonot). En plus d’être cher, le maïs Bt ne peut pas être reproduit par les agriculteurs qui ne sont pas autorisés à récupérer ou à échanger les semences. Les pyrales sont très vite devenues résistantes au maïs Bt et le pollen peut transmettre le gène Bt aux variétés de maïs locales.

Après avoir séché, le maïs doit être stocké dans un endroit propre, sec et bien aéré, en séparant les anciens stocks des nouveaux. Il y a différentes façons de stocker le maïs:

  • Les épis de maïs sont suspendus avant l’égrenage au-dessus du feu dans les cuisines pour les protéger des insectes. Il est conseillé d’égrener les épis immédiatement après le séchage pour réduire les dégâts causés par le charançon;
  • L’égrenage doit être fait avec soin pour ne pas abîmer les grains. Après l’égrenage, nettoyer les grains en retirant toute saleté ou élément extérieur ainsi que les grains trop petits ou abîmés;
  • Les grains propres et égrenés sont stockés dans des petits silos métalliques ou dans des sacs en toile (avec perforations) agencés sur des palettes dans un endroit propre et bien aéré. Dans ces conditions, les grains peuvent être entreposés jusqu’à deux ans sans pertes significative de quantité ou de qualité.

On conseille aux agriculteurs qui ne disposent pas de capacité de stockage adéquate de vendre leurs grains immédiatement pour éviter les pertes. Les grains bien secs et égrenés sont prêts à être moulus pour être transformés en farine ou en d’autres produits.

Commercialisation et certification biologique

La majorité du maïs produit en Afrique est consommé sur place. Le maïs est également devenu une culture marchande encadrée par des industries locales, comme le secteur de l’élevage et les brasseries, du fait de la croissance économique, de l’urbanisation et de la hausse des revenus. Il existe de plus en plus d’opportunités de marché continental ou domestique pour le maïs à travers l’Afrique subsaharienne. Les agriculteurs biologiques peuvent profiter de ce potentiel pour positionner le maïs biologique à un niveau national et continental.

Cependant, le marché du maïs biologique reste encore peu développé voire inexistant. Un certain nombre de petits exploitants ont déjà commencé à mettre en œuvre des pratiques biologiques, comme les cultures intercalaires. Ils peuvent aisément apprendre à employer des méthodes biologiques complètes afin d’établir un système de production durable et productif pour leur famille et profiter des avantages offerts par les opportunités du marché local sans avoir de certification biologique.

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