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Arachide

L’arachide (Arachis hypogaea L.) est une plante annuelle herbacée qui pousse à une hauteur de 20-60 cm. Selon les espèces, la plante se développe  verticalement ou horizontalement avec des pousses sur le côté qui peuvent occuper une largeur de 30 à 80 cm. La tige principale pousse en général à la verticale. Les racines principales s’enfoncent dans le sol à une profondeur de 90 à 120 cm, formant ainsi des branches dans les couches supérieures du sol qui sont habitées par des rhizobia et des mycorhizes.

Conditions du sol

Les arachides se développent mieux dans un sol à pH faiblement acide (6,0-6,5). Un pH de 5,5-7,0 est encore acceptable et certaines variétés locales peuvent s’adapter à un pH allant jusqu’à 7,8. Les arachides sont sensibles aux sols ayant de fortes teneurs en sel (max. 4mS/cm).

Systèmes de culture et possibilité de diversification

Rotation des cultures

Les arachides doivent être cultivées selon un système de rotation de cultures se tenant au moins sur trois ans. Dans le cas contraire, les maladies du sol s’accumulent et l’humus se désagrège du fait de l’ameublissement du sol pendant la récolte.

Néanmoins, les arachides enrichissent le sol pour les cultures qui n’appartiennent pas aux légumineuses et agissent comme une excellente culture de préparation avant l’ensemencement de céréales. La culture précédente ne doit pas laisser trop d’herbe et doit être récoltée tôt pour avoir le temps de travailler le sol et permettre un ensemencement précoce. Il faut laisser assez de temps aux cultures précédentes pour qu’elles produisent des graines. Les cultures compatibles avec les arachides sont les céréales tels que le sorgho, l’orge perlé, le maïs et le riz, mais également le sésame, le safran, le coton, la patate douce et les légumes secs comme l’haricot mungo (Vigna mungo) ou le niébé (Vigna unguiculata).

Cultures mixtes

Planter des arachides dans un système de cultures mixtes est une pratique très répandue chez les petits agriculteurs. Quelques avantages:

  • Une production totale plus importante sur une même surface (malgré les pertes causées par l’ombre des autres cultures qui n’existe pas dans le cas de la monoculture);
  • Réduction de la transpiration, en particulier pour les cultures en bandes;
  • Une plus grande diversité de régimes alimentaires;
  • Régulation de l’érosion et des mauvaises herbes;
  • Réduction du risque d’infestation par les nuisibles.

Du fait de leur tolérance à l’ombre, les arachides sont particulièrement adaptées aux cultures mixtes avec des plantes plus hautes comme l’orge perlé, le sorgho, le maïs, le coton, l’hibiscus (Hibiscus sabdariffa), le manioc, le tournesol, la banane, le pois cajan. (Cajanus cajan), Gliricidia sepium, le ricin (Ricinus communis), le sucre de canne ou avec des cultures permanentes comme le cocotier, le palmier à huile, le caoutchouc et le cacaoyer.

Lorsque la saison de croissance des arachides est similaire, en termes de durée, à d’autres cultures, ces dernières auront un rendement plus important (contrairement au système de monoculture de l’arachide et de l’orge). Des hausses de rendement encore plus importantes ont été observées avec d’autres cultures comme le coton, dont la saison de croissance s’étend jusqu’à trois mois de plus. Réussir avec un système de cultures mixtes ou avec un système d’agroforesterie dépend presque entièrement de la sélection appropriée des cultures pour un site donné, de la manière dont la combinaison des cultures est définie et du placement approprié des arachides dans l’ordre chronologique des cultures de différentes espèces. Par exemple, les cultures d’un système d’agroforesterie doivent toujours démarrer en début de cycle (il est possible d’ensemencer pendant les trois premières années selon les autres espèces cultivées) puisque les caractéristiques naturelles de l’arachide l’empêchent d’être cultivée autrement.

Maladies

Méthodes les plus efficaces pour éviter les maladies:

  • Rotation des cultures;
  • Choisir la variété appropriée;
  • Un approvisionnement suffisant en nutriments;
  • Déraciner les plantes infectées pour stopper la propagation des maladies;
  • Détruire toute plante infectée après la récolte.

Manutention pendant et après la récolte

Période de récolte

Étant donné que les feuilles restent vertes lorsque les gousses sont mûres, un arrachage occasionnel doit être effectué pour fixer la meilleure date possible pour la récolte. Les variétés en buisson arrivent à maturité 110 à 130 jours après avoir été plantées, à la différence des variétés à ramifications, qui y parviennent seulement 130 à 150 jours après la plantation. Les graines individuelles sont mûres lorsque:

  • La structure des gousses est facilement reconnaissable;
  • Elles sont bien remplies par les graines;
  • Les parois internes des gousses deviennent plus foncées (marron). Les téguments revêtent alors la couleur propre à leur variété.

Commencer la récolte dès que 60 à 70 % des gousses sont mûres car tout délai supplémentaire entraînera des pertes. La période optimale de récolte est très courte. Si cette période n’est pas respectée et que la récolte commence 5-10 jours avant ou après, 25 à 50 % de la production sera perdue. Si l’on effectue une récolte trop tardive, les piquets se brisent car ils deviennent trop friables, surtout lorsque le sol est dur et sec.

Méthodes de récolte

Les gousses fraîchement ramassées contiennent encore 30-35 % d’humidité et doivent donc être mises à sécher pour que leur teneur en humidité se réduise à 20-25 % et qu’elles puissent être séparées facilement des plantes. La meilleure méthode est de les disposer en andains pour un pré-séchage allant de 2 à 3 jours. Une fois que les racines principales ont été coupées, les plantes sont empilées sur leurs feuilles avec les gousses tournées vers le sol. Les avantages:

  • Séchage rapide;
  • Pas de contact avec le sol;
  • Réduction des attaques d’insectes et du risque d’infection par les aspergillus.

Plus les gousses sont séchées rapidement après qu’elles aient été déracinées, moins elles sont soumises à la création d’aflatoxines. Néanmoins, il ne faut pas les sécher trop vite car cela pourrait affaiblir les téguments qui empêchent les graines de pourrir.

La récolte manuelle se pratique encore dans de nombreux pays car elle est plus rentable. En effet, les gousses restent moins sur le sol et sont moins susceptibles d’être abîmées. Un labour en billon sur un sol dur peut faciliter la récolte. Les plantes peuvent être ramassées à la main avec une houe. Pour faciliter le travail, il est possible de couper toutes les rangées avec des lames spécifiques aux plantes (actionnées soit par un tracteur, soit par des animaux). Dans le cas des sols légers, il est possible d’utiliser des moissonneuses similaires à celles utilisées pour les pommes de terre. Dans le cas des sols à texture fine, il faut utiliser une machine spécifique au déracinement des arachides. Une récolte entièrement mécanisée se déroule généralement en deux étapes en faisant tout d’abord sécher les plantes en andains pour réduire le temps de séchage nécessaire lors du processus de séchage artificiel. La première machine déracine les plantes, les sort du sol et les retourne pour les étendre sur le sol, tout comme lors de la récolte manuelle. Lors de la seconde étape, une batteuse récolte les andains pré-séchés.

Traitement après la récolte

Faire du foin

Le feuillage des plantes d’arachide offre un fourrage de très bonne qualité, riche en protéines, possédant les mêmes valeurs nutritionnelles que la luzerne et qui doit donc être récolté. Il peut être coupé juste avant le processus de déracinement pour être ensuite sécher et faire du foin. La méthode la plus sûre pour faire sécher les plantes après la récolte consiste à faire sécher les feuilles sur des râteliers à fourrage ou sur des poteaux verticaux après les avoirs laissées sécher en andains. Si l’on procède autrement, les parties les plus précieuses des plantes seront perdues.

Battage

Une fois que les gousses dans le champ sont sèches, elles sont séparées des plantes. On obtient de meilleurs résultats une fois que la teneur en humidité se situe entre 20 et 25 % car on peut alors facilement séparer les gousses des plantes. Si cette teneur est plus faible, les gousses et les graines auront alors plus de chance de s’abîmer. Il vaut mieux les séparer à la main. Parfois, les gousses sont doucement battues avec un bâton ou passées dans des batteuses ou dans des moissonneuses batteuse.

Séchage

Directement après avoir été battues, les gousses sont séchées, soit de manière artificielle, soit par le soleil, jusqu’à ce que leur teneur en humidité atteigne 6 ou 7 %. Tout délai doit être proscrit pour éviter le développement des aspergillus flavus. À une humidité relative de 9 %, la production d’aflatoxines est retardée mais la protection contre les nuisibles du stockage, dont les activités produisent des aflatoxines, n’est assurées qu’en dessous de 7 %. C’est pourquoi, une teneur en humidité de 6-7 % est nécessaire. Des problèmes surviennent souvent lorsque les récoltes sont menées par temps humide et que les produits ne sont pas séchés correctement ensuite. C’est seulement en dessous de 6 % que les graines risquent de s’abîmer (elles cassent pendant le décorticage).

En cas d’ensoleillement trop fort ou de chaleur extrême, il est conseillé de pratiquer le séchage sous un toit. La perte de poids lors du séchage se compense par une meilleure qualité et une réduction des risques. Dans les régions où le taux d’ensoleillement est insuffisant pour sécher les graines après les récoltes, le produit doit être sécher artificiellement pour réduire toutes pertes et tous risques de toxicité après la récolte (séchoirs mobiles).

Tri

Étant donné qu’en général seule une petite partie des graines se retrouvent infectées par les aflatoxines, le tri est une mesure préventive importante et efficace après la récolte. Les gousses et les graines sévèrement infectées sont soit décolorées, soit atrophiées. Elles peuvent être triées à la main ou de façon mécanique. Le tri par reconnaissance des couleurs électronique permet d’enlever presque toutes les mauvaises graines et celles qui ont été infectées par les aflatoxines.

Stockage

Les facteurs principaux qu’il faut observer pour le stockage des arachides sont une faible teneur en humidité dans les graines (voir Séchage) et une température ambiante basse. Un taux d’humidité élevé dans les graines et/ou dans l’air ambiant, associé avec des températures élevées sont les facteurs principaux responsables de la production d’aflatoxines. Méthodes de prévention:

  • Assurer une bonne circulation de l’air;
  • Réguler l’humidité de l’air;
  • Assurer un refroidissement efficace;
  • Enlever les gousses abîmées et décolorées avant le stockage.

Les arachides stockées en graines sont plus faciles à entreposer que les arachides stockées en coques car les téguments protecteurs restent intacts. Si les arachides ne sont pas destinées à être vendues en coques, elles doivent être décortiquées juste avant d’être vendues.

Les nuisibles du stockage: La plupart des nuisibles du stockage atteignent les graines grâce à une gousse ou un tégument brisé, ce qui veut dire qu’un tri consciencieux constitue une bonne protection. L’exception à la règle est l’attagène, un des rare nuisible du stockage qui creuse les gousses. Certaines variétés d’arachide sont devenues résistantes contre les nuisibles du stockage en sécrétant des substances protectrices dans les gousses et les téguments. La poudre d’argile combat les Corcyra cephalonica. La plupart des nuisibles du stockage cessent leurs activités lorsque le taux d’humidité des graines descend en dessous de 7 % et que le taux d’humidité de l’air est inférieur à 20 %.

Le problème des aflatoxines

Les arachides sont extrêmement sensibles aux infections des champignons Aspergillus flavus. L’aflatoxine est un poison produit par un champignon des espèces Aspergillus flavus et Aspergillus parasiticus, qui sont très répandus dans les sols tropicaux et subtropicaux. Toutes les mesures concernant les cultures doivent être correctement planifiées en prenant cet aspect en considération. Les aflatoxines contenues dans la nourriture peuvent affecter la santé des hommes et des animaux. Les pays importateurs ont établi une tolérance zéro en ce qui concerne la présence des aflatoxines dans les produits alimentaires afin de protéger les consommateurs.

En ce qui concerne les pays producteurs, les risques dus au poison sont difficiles à identifier car la majeure partie des récoltes d’arachides est consommée ou vendue sur les marchés locaux. De ce fait, il n’y a également aucun effet de "dilution" provoqué par les grandes quantités, ce qui veut dire que les hommes comme les animaux peuvent être exposés à de fortes doses d’aflatoxines. Par ailleurs, la malnutrition entraîne l’affaiblissement du système immunitaire. En respectant les mesures préventives mentionnées, ces problèmes économiques ou sanitaires liés aux aflatoxines ne devraient même pas se présenter.

Infection avant la récolte

Le champignon pénètre les gousses pendant la période de croissance lorsqu’elles sont encore dans le sol. Cela se déroule de deux façons:

A) Infection imperceptible des gousses et des graines
Les gousses qui ont été abîmées par les machines ou qui ont été attaquées sont rapidement infectées par le champignon qui se nourrit principalement des tissus morts ou affaiblis. Un sol chaud et sec favorise les attaques de termites, qui sont les vecteurs des spores de champignon. Des périodes alternées de pluie et de sécheresse font éclater les gousses et entraînent une forte production d’aflatoxine dans les graines.

B) Infections imperceptibles des gousses
De nombreuses gousses sont affectées une fois que les piquets se retrouvent couchés sur le sol. Pourtant, lorsque les plantes bénéficient de bonnes conditions de croissance, les champignons restent inactifs et les aflatoxines ne sont pas produites en grande quantité. Cela s’explique par le fait que les arachides possèdent un mécanisme de défense naturel. Lorsque les plantes sont en phase de croissance, elles produisent des substances immunitaires (phytoalexine) qui produisent un effet anti-microbe et destructeur de champignon (arachidine). Toutes les mesures qui concernent les cultures et qui encouragent une croissance naturelle et saine supportent ce mécanisme de protection.

La production de phytoalexines baisse lorsque la plante arrive à maturité ou lorsque l’eau manque, et elle s’arrête complètement en cas de sécheresse prolongée. Le champignon A. flavus, quant à lui, est toujours capable de se développer et de produire des aflatoxines dans des conditions très sèches, avant qu’il ne finisse par arrêter ses activités. Il prolifère à une température moyenne de 26-30 °C, à 5 cm en dessous du sol. Lors des périodes sèches, la plante des arachides replie ses feuilles sur elle-même, ce qui veut dire que le sol bénéficie encore moins d’ombre et que la température du sol augmente soudainement. Lorsqu’il fait chaud et sec, l’A. flavus prolifère très rapidement, en partie à cause de la disparition de ses ennemis et parce qu’il se reproduit mieux dans des conditions humides et chaudes.

Une irrigation suffisante est une manière efficace pour empêcher la production d’aflatoxines (en particulier lors des 4 à 6 dernières semaines de la saison de croissance), même lorsque la température du sol est idéale pour l’A. flavus et lorsque 50 % des gousses ont été infectées.

Production d’aflatoxines après la récolte

Lorsque le champignon est présent, il peut produire des aflatoxines lors des processus de séchage, de transport et de stockage. L’humidité et la température en sont les deux facteurs déterminants. Même les produits transformés comme la farine d’arachide, cours un risque. Bien que des méthodes de détoxification existent, la meilleure approche reste encore et toujours la prévention.

Exigences de qualité

Ces exigences de qualité concernant les arachides, avec valeurs minimales et maximales, sont généralement dictées par les autorités ou les importateurs. Cependant, des accords peuvent être passés entre les producteurs individuels et les importateurs sur diverses valeurs, du moment qu’elles restent conformes aux exigences officielles.

Exigences de qualité Valeurs minimales et maximales
Apparence  Spécifique au niveau de qualité
Goût et odeur Spécifique à la variété, frais, sans moisi
Pureté Sans substances externes (sable, pierres, restes de coques, insectes, etc.)
Eau Max. 5.0 %
Taux de péroxydes Max. 1,0 milliéquivalent par kg de corps gras
Acides gras libres Max. 0,5 %
Résidus
Pesticide Non mesurable
Bromure et oxyde d’éthylène Non mesurable
Métaux lourds
Plomb (Pb) Max. 0,50 mg/kg
Cadmium (Cd) Max. 0,10 mg/kg
Mercure (Hg) Max. 0,03 mg/kg
Micro-organismes
Organismes totaux
Max. 10,000/g
Levures et moisissures  Max. 500/g
Entérobactériacées Max. 10/g
Coliforme Max. 10/g
Escherichia coli Non mesurable
Staphylococcus aureus Max. 100/g
Salmonelle Non mesurable dans 25 g
Mycotoxines
Aflatoxines B1 Max. 2 Zg/kg
Aflatoxines B1, B2, G1, G2 Max. 4 Zg/kg
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